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Les Courses (2/4)

Trambouille prit la liste des courses, en maugréant . Cela faisait un moment qu’il soupçonnait le tigré, de violer son territoire. Pareille provocation, pouvait encore le mettre hors de lui, pour la journée. Chemin faisant, il s’arrêta pour observer les mômes du quartier qui jouaient dans le square. C’est alors, que lui vint  une idée de vengeance. Comme d’habitude , il n’avait pas dit son dernier mot.

 

Il se dépêcha de remplir son cabas avec la commande de Marjolaine, puis se dirigea vers le rayon des aliments pour animaux de compagnie. Appela un des patineurs et lui demanda conseil sur les aliments pour chats. Une flopée de marques différentes, se battaient pour arnaquer les propriétaires  de chats en leur ventant les mérites de goût de tel ou tel produit. Mais n’allait-il pas lui aussi tomber, à cet instant dans le consumérisme galopant ? Etait-il, lui aussi une victime de la pub ? Trambouille se rassura aussitôt. Non ! Dans ce cas il s’agissait d’une bonne cause et d’une guerre juste ! La sienne.Finalement, il se décida pour gros sac en promotion, de 20 kg ,  « Croquettes Whiskys » , bios, lights et  sans alcool. Ce que tous les chats débiles du quartier,  habitués à la mal bouffe, devaient sûrement raffoler. Pour un voyageur, comme lui, qui avait parcouru tous les océans, avec régulièrement des chats à bord, il trouvait cela d’une idiotie sans pareille. Un chat qui n’est pas dénaturé, se nourrit par lui-même. Tout bon marin sait cela ! Que Diable! Bref , l’adage « Tel chat, tel maître » pouvait donc, aussi, être  valable.Il paya à la caisse et sortit du magasin.

En arrivant  au passage piéton, il  tomba sur Madame Tita, une vielle fille, qui avait pour habitude de raconter sa vie à qui voulait l’entendre. « Et merde ! » pensa-t-il. Chargé comme il était , il n’y avait pas moyen d’esquiver la discussion et la curiosité de la voisine.  

« Bonjour Monsieur Traaaambeeert » lui dit celle-ci, heureuse d’avoir trouvé prétexte pour ouvrir son bec.  

« Bonjour Madame Tiiiitaaaa » l’imita-t-il, sur le même ton stupide. Sans  lâcher les yeux de la vieille dame du regard.  

« En ben ! Vous êtes-bien chargé, dites voir, pour votre âge » ajouta-t-elle ?  

Trambouille n’était pas d’humeur à cancaner, Barbe Noire se réveillait en lui… :  

« Eh ouiiii ! Madame Tiiiiitaaaaa… Le sexe conserve ! vous trouverez ça dans le rayon lingerie, vous devriez essayer, même à votre âge, il n’est jamais trop tard !»  

Il la laissa complètement interloquée sur place, et n’attendit pas sa réponse pour traverser la route.

Avant de rentrer chez lui, il déposa discrètement son sac de croquettes, devant la maison entra dans la cuisine avec les commissions. Il attendit patiemment que Marjolaine se mit à déballer les victuailles. Puis ressortit sur la terrasse. En un éclair, il avait saisi le sac de croquettes et se dirigeait prestement, vers sa  « grotte de l’ours ». Masquant de son large dos, le butin précieux qu’il transportait. Marjolaine le regardait, depuis la cuisine, se diriger vers le cabanon. De la main droite, il s’acharnait à ouvrir la serrure, alors qu’il maintenait, de la main et du genou gauche, le sac de croquettes en équilibre. Le vieux bougre, il était encore habile. Elle n’avait pas  bien vu ce qu’il transportait, et ses cachotteries la faisaient plutôt rigoler. Ce qui comptait pour elle, c’est qu’il ait gardé toute son ardeur et qu’il ne la dépense pas à courtiser des jeunes filles, car la concurrence devenait de plus en plus massive tandis qu’elle vieillissait. Ce vieux briscard, elle en était très fière. Il lui avait donné de beaux enfants, bien que cela n’eût pas toujours été facile, pour elle, d’être la femme d’un marin comme lui.

Trambouille revint vers la cuisine, avec son air angélique. Marjolaine, en le regardant, ne pouvait éviter de remarquer les quelques gouttes de sueur qui perlaient sur son front et suivaient ses rides, comme de petits ruisseaux affluant vers de grands fleuves. Elle le trouvait toujours aussi craquant. En l’embrassant sur la bouche, elle lui demanda :

-«  Tout va bien,  mon filou ? »  

-« Oui, oui. A quelle heure mange-t-on aujourd’hui ? » S’enquit-il, persuadé qu’elle ne se doutait de rien.

-« Dans une petite heure, tout sera prêt » répondit-elle  

« Bon, eh bien …je m’en vais faire un petit tour, à tout de suite. »

Marjolaine était une cuisinière hors pair, elle savait mettre de la passion dans ses repas, elle tenait son ours par le ventre. comme il se doit! Et allez savoir pourquoi elle mettait toujours de l'origan dans tous ses plats!

Trambouille avait encore des courses à faire, pour mettre son plan à exécution. Un peu fatigué par les courses faites le matin. Il décida de prendre son vélo auquel il attacha la petite remorque, et se dirigea chez le pépiniériste. Arrivé au parking, il reconnut le groupe de rappeurs qui faisaient du Break-dance sur un grand carton. Il se dirigea vers eux, en jetant un regard circulaire autour de lui, leur fit le salut de reconnaissance, et leur demanda de lui garder son véhicule.  

«Ya pas de problème, quoi !» « Vous pouvez être tranquille, man ! » Le vieux avait la côte auprès des jeunes, comme eux, il était une figure de la rue.  Un théâtre à lui tout seul. Sorti, certes, d’une autre époque, mais jamais à cours d’anecdotes pour surprendre les jeunes en quête d’aventures. 

Trambouille rentra dans le magasin et ressortit, avec différents oignons de fleurs pour le jardin, et des pousses de valérianes et de chataires. Il remercia le groupe de jeunes et rentra pour le dîner. En arrivant chez lui, il traversa d’un trait le jardin en direction du cabanon. 

Marjolaine s’avança sur la terrasse en le voyant :

« Mais qu’est-ce que tu fabriques aujourd’hui encore ? » 

« Ne t’approches pas, c’est une surprise ? Vade retro Barjolaine! » Trambouille employait toujours ce surnom, quand elle commençait à l’agacer. 

« Bon dépêche-toi ! Le repas est prêt, et vu comme tu me traites, ne compte pas sur moi pour mettre la table » Elle tourna les talons et repartit dans la cuisine en faisant mine d’être fâchée. 

Ils se connaissaient si bien qu’ils s’utilisaient l’un, l’autre constamment pour alimenter leur quotidien. Chacun savait si bien les limites de l’autre,  qu’ils veillaient, sans efforts,  à ne pas les dépasser.

SUITE

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M
Alala! Ce bon vieux Trambouille, je l'adore! Rires!! Il me plaît bien ton personnage ! Hâte de savoir la suite des aventures de ce vieux filou : Trambouille vs les chats ! Bisous! A +++ !
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