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Cojoloco, tiré de l'espagnol, signifie: " Le boiteux-fou"

 

Tout en restant très hétéroclite, ce blog ne poursuit aucune thématique si ce n'est mon propre délire.  Il se veut aussi un terrain de découverte pour les enfants qui apprécient particulièrement les animations.

Je profite par la même occasion de mettre un peu d'ordre dans mon passé, qui souvent très mouvementé n'a conservé qu'un ordre chronologique. 

 

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28 mars 2006 2 28 /03 /mars /2006 08:08

 Il n’y avait plus qu’à attendre, patiemment, que les jours passent. Au bout d’une semaine, pour le bonheur de Marjolaine, apparurent  perce-neige, crocus et primevères,  apportant les premières couleurs du printemps. Pendant ce temp-là, Trambouille s'entraînait régulièrement dans son cabanon On entendait des petits bruits à l'intérieur Cling...Clang...Clong...Toc.

Au-début les « tocs » et les « clongs » étaient plus nombreux, mais plus le temps passait, plus ils étaient remplacés par les « clangs » et les « clings ». 
Une deuxième semaine passa et des tiges poussaient de-ci, delà. Trambouille regardait avec soin les pousses et surtout, il surveillait les allées et venue du tigré. Le chat avait très vite repéré les pousses de valérianes et de chataires. Et il venait régulièrement en manger. Au début,  la proximité du cabanon, ne le rassurait guère. Mais son attirance pour les plantes était plus forte que lui. Dans le cabanon, on entendait plus que des « clings » et quelque rares « tocs ».

Au bout d’un mois, les fleurs s’apprêtaient à sortir et  les herbes hautes avaient repris leurs places dans le fond du jardin. Et le tigré, venait se régaler de valériane et de chataire, en toute quiétude. Les « clings », à l’intérieur du cabanon, lui faisaient bien dresser l’oreille, mais ne l’interrompaient plus dans son activité. Trambouille prenait un plaisir fou à l’observer. L’envie de passer à l’action le démangeait, il tenait sa vengeance, il était fin prêt.

Son aversion pour les chats, avait grandi peu à peu, jusqu'à arriver, au bout de cinquante ans, à un point de non retour. Certains pourraient penser qu’il s’agissait d’une forme de racisme, d’autres d’une phobie maladive. Mais ce n’était pas le cas. Trambouille aimait la nature, comme il aimait les hommes. Il chérissait la vie. Il considérait les différences avant tout comme un enrichissement. Pendant un demi siècle, il avait essayé de côtoyer l’espèce avec indulgence. Mais au final, il l’avait, surtout, supportée jusqu'à l’agacement le plus complet. Cette situation avait abouti à faire ressortir les différences incompatibles entre lui et l’animal, plutôt qu’à développer des affinités. Au point où les chats étaient devenus des boucs émissaires presque humains. A force de les observer et d’essayer de les comprendre, de chercher à trouver des compromis pour cohabiter, quand cela était nécessaire, il s’était surtout rendu à l’évidence, il ne supportait leurs côtés fourbes, côté qu’il connaissait bien chez les hommes.

Trambouille avait humanisés les chats et ils représentaient, maintenant, le symbole négatif et vivant de certains comportements humains, oubliant certainement que ces derniers n’y étaient finalement pour rien.

Leur manière princière de s’imposer, lui rappelaient ce droit du sang que certains s’octroyaient pour mépriser et exploiter d’autre.

Leur esthétique soignée et retouchée, constamment, lui faisaient penser à ce culte de l’apparence et  de la beauté,  qui avait finit par devenir  une valeur mercantile humaine.

Leur côté paresseux et minimaliste évoquait en lui cette suffisance des gens sans persévérance, qui attendent que tout leur tombe du ciel.

Cette envie de venir se frotter et se coller à lui, alors qu’il mettait clairement une distance nécessaire pour se préserver des allergies, il la vivait comme cet harcèlement dont  certains idiots abusent, sans calcul, par désespoir de ne pas pouvoir se faire des amis.
A cause de leur intérêt égoïste et  non dissimulé pour la nourriture, Trambouille les reléguait parmi ces gens qui prennent mais  ne donnent pas !
Leur sadisme gratuit qui les amenait à jouer longtemps avec leur victime blessée, pour terminer par ne pas les manger achevaient ce tableau malsain qu’ils se faisait d’eux.
Trambouille, s’était levé tôt pour s’installer dans le cabanon. Il savait bien que le tigré apparaîtrait peu avant midi et il savait aussi très bien  dans quel ordre il irait d’une plante à une autre. Confiant dans les habitudes du chat, il aurait le temps suffisant pour viser et tirer. Et avec un peu de chance, il pourrait tenter une deuxième fois de porter un coup fatal à l’animal. Les munitions étaient prêtes et il s’était bien entraîné.
Vers 11h30 le tigré arriva, comme chaque matin, il descendit du mur , puis vint se frotter le museau sur le tronc du noisetier. Caché en partie par les hautes herbes, il s’avança vers les premières touffes de valériane. Trambouille le laissa manger un petit peu, maintenant le tigré mâchouillait les plantes accroupis, la tête baissée, il se méfiait plus trop occupé par les besoins de son estomac. Il tournait le dos au danger, comme Trambouille l’avait prévu. C’était le moment. Trambouille pointa son arme, visa et tira. « Pif ! »  le projectile toucha le tigré à la patte gauche.  Le chat sentit la douleur et fit un bond en avant puis se retourna pour voir qu’il l’avait agressé, mais les hautes herbes lui cachaient la vue. De plus Trambouille s’était baissé aussitôt,  après avoir tiré. Et avançait accroupi en se retenant de rire. Et de une ! « Tu vas voir mon lascar, tu vas la sentir passer. Prétentieux personnage ! » Une fois la troisième croisée atteinte. Il se leva doucement. Il avait cloué une planche à chaque fenêtre, laissant le soin de laisser un espace pour pouvoir observé sans être vu. Le chat était au milieu des chataires, sa patte lui faisait mal, mais son ventre le commandait, sans compter les chataires qu’il avait sous le nez. Bien que moins rassuré, il finit par se remettre bêtement à manger. Trambouille ajusta à nouveau, cette fois, il visait la tête, juste derrière l’oreille. « Paf ! » le projectile vint frapper à l’endroit choisit, Le tigré poussa un miaulement,  il était complètement sonné, il essaya de fuir  en titubant , et tomba sur le côté de sa jambe blessé. Se releva à nouveau et secoua la tête, pour reprendre ses esprit. Trambouille était à nouveau prêt à tirer une troisième fois. Juste au moment de tirer, il eu un pincement de cœur en voyant le tigré blessé, Le projectile cette fois caressa le chat à rebrousse poil. Effrayé pour la vie, le tigré trouva dans la peur, les dernières forces pour fuir sans demander son reste.
Trambouillait exultait , il l’avait touché par deux fois !
« Pif… et… Paf »
Trambouille sautait de joie, comme un gamin !
Il lui avait donné la leçon qu’il méraitait.
« Pif.. et… paf… »
Trambouille  tournait et sautait sur lui-même en s’écriant d’un ton de défi moqueur :
-«  Qui est le plus fort ? Hein ! dis ! qui est le plus fort ? »
Question hasardeuse ou combat de toute une vie ? Trambouille ne pouvait se retenir de danser tel un derviche fou de plaisir. C’est alors qu’en tournoyant, dans son exaltation, Trambouille était retombé le pied droit dans un seau, la cheville avait craqué net. Précipité en avant , sa  tête était venue taper contre le coin de l’établi. Son corps avait  rebondi, à la renverse, et dans chute,  sa tête avait frappé lourdement le sol derechef.
Il gisait inanimé, les yeux ouvert vers le ciel. En l’espace de quelques secondes, il était passé de vie à trépas.  De la joie la plus totale, à l’absence totale d’émotion. De l’enfance à la mort.
« Pif...et… Paf. » Son heure avait sonné ! La faucheuse était venu le cueillir de la manière la plus surprenante, coupant ce faible fil auquel la vie est suspendue, mais que l’homme souvent refoule. Comme si de ne pas y penser permettait de l’éviter.
Intriguée par les cris de joie, Marjolaine était venue voir et l’avait trouvé inerte, sur le dos, au milieu du cabanon. Un pied dans un seau. Une fronde à la main. Le sol était jonché de croquettes pour chats. Et sur le mur du fond, à un dizaine de mètres de la porte d’entrée, il y avait  trois poêles de taille différentes accrochées contre le mur. Elle avaient servi de cible pour ces entraînements.
Doucement, elle se mit à pleurer sans à-coup, elle enleva le seau du pied, et lui joignit les deux main sur le ventre sous lesquelles elle laissa la fronde qu’il tenait encore fermement. Symbole fort de ce personnage qui n’avait jamais cessé d’être un enfant malgré les horreurs de la vie.
Deux jours plus tard, On retrouva Marjolaine assise à la terrasse, elle avait mis la table pour deux. En face d’elle le jardin fleuri semblaient attendre son réveil. Elle paraissait  endormie, en contemplation devant les pavots de Californie qui barraient la porte d’entrée de la grotte de l’ours. Son assiette de soupe froide n’avait as été touchée, la cuillère témoignait, encore propre sur la table.
-« Une femme sans appétit, était soit une femme malade, soit une femme morte »

Ils ne s’étaient  quitté l’un l’autre  que l’espace d’ un instant. Pour se retrouver dans un autre monde ,une autre dimension. Leur travail sur Terre était terminé…pour le moment. Leur âmes auraient enfin cette liberté de voler ensemble, sans ne plus avoir à porter les contraintes de ce leurs deux corps fatigués. Aimer pourrait enfin être une plénitude sans besoins. Juste être l’un pour l’autre, ce qu’ils désiraient secrètement, depuis leur première rencontre.

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24 mars 2006 5 24 /03 /mars /2006 00:31
Marjolaine lui avait préparé un bon petit plat chinois, avec des bouchons à la vapeur, du riz cantonnais et des légumes sautés, tout ça accompagné d’un  choix de sauces piquantes dont le vieux Trambouille raffolait. En effet, c’était un de ces pêchés mignons. Il avait appris, lors de ces voyages, à apprécier les différentes sortes de piments, et depuis, il gardait des échantillons comme on conserve du bon vin. Pour lui, il s’agissait presque d’élixirs de jeunesse et de santé. Après le repas, ils faisaient toujours une longue sieste ensemble, qui pouvait durer l’après-midi. C’était comme s’ils récupéraient le temps perdu, lorsque Trambouille prenait la mer et laissait Marjolaine seule avec les enfants.

Trambouille était un personnage hors du commun. Avec l’âge il avait acquis une sagesse qui lui permettait de s’adapter aux situations, comme si la vie était un jeu poker. Il avait appris à deviner les cartes des autres pour savoir comment et à quel moment il fallait bluffer.  Marjolaine était bien la seule capable d’anticiper ses actions, elle ne le faisait pas exprès, elle relevait la tête, juste au bon moment, comme elle l’avait fait par deux fois encore ce matin. Trambouille s’était élevé, tout seul, dans la rue pendant l’entre-deux guerres. Son état d’alerte était presque constant, dès qu’il était éveillé. Il avait, ainsi, développé un sixième sens. Il pouvait flairer le danger, et même le mesurer. Pendant la Résistance, on le surnommait tout bonnement le radar. L’avoir dans son groupe, dans n’importe quelle situation, augmentait sensiblement l’espérance de survie du groupe. Mais, avec Marjolaine tout était très différent, il se sentait  en sécurité et son radar interne ne détectait pas certains de ses mouvements. Elle n’avait jamais été un danger pour lui. Elle avait un côté trop pur, pour être méchante. Marjolaine l’avait tellement observé, sans qu’il s’en aperçoive, que, pour elle, toutes les cachotteries de Trambouille, relevaient plus d’une manière d’être, que d’un esprit calculateur. Ils s’acceptaient tels quels tout simplement, sans jamais avoir cherché à changer l’autre.

Après la sieste, ils vaquaient tous deux à leurs occupations. Le repas du soir ne demandait guère de préparation. Ils mangeaient du fromage et de la charcuterie accompagnés de soupe ou de salade. Marjolaine avait l’habitude de préparer de la soupe en quantité qu’elle surgelait. Cela lui permettait de faire tout ce qu’elle avait envie, lecture, puzzles, tricot cinéma… Avec l’âge, elle était devenue très casanière. Et les personnes de son âge, avec leurs plaintes et leurs craintes, la fatiguaient. Seuls ses petits-enfants lui redonnaient l’envie de découvrir ce qui se passait à l’extérieur. Autrement ce qu’elle préférait, c’était encore les invités que Trambouille ramenait à la maison pour partager leur casse-croûte. Trambouille se liait d’amitié avec une facilité déconcertante, il appréciait avoir des personnes autour de lui pour conter mille et une histoires. Bon conteur au départ, il avait vraiment appris cet art magnifique en voyageant en Afrique et en écoutant les griots. Mais ce soir là, il n’y aurait pas d’invités. Trambouille était retourné s’enfermer dans son cabanon. Marjolaine avait dû l’appeler, par trois fois, pour qu’il vienne manger. En général, dès la première annonce du repas, Trambouille apparaissait, tel le chien de Pavlov. Trambouille ne mangeait,certes, plus les mêmes quantités, mais il n’avait pas perdu son appétit. Il se justifiait toujours de son grand appétit en disant fièrement : 

 

 

-« Un homme qui n’a pas faim est soit un homme malade, soit un homme mort ! »

 Et de toute évidence, il n’était, ni l’un l’autre. Marjolaine lui demanda,  à tout hasard, quelle pouvait bien être la surprise qu’il préparât pour le lendemain, bien qu’elle sut pertinemment qu’il ne lâcherait pas un mot.

 

 

« Mais voyons, ma citrouille, une surprise c’est une surprise, te l’annoncer, reviendrait à te faire un cadeau sans emballage. Demain, j’ai du travail pour la journée, mais après la sieste tu découvriras par toi-même. » Ils avaient tous les deux gardés de leur enfance ce goût pour l’enchantement. Trambouille n’était pas seulement un mari, mais il était surtout un amant qui n’avait jamais cessé de la reconquérir. 

Le lendemain, il passa toute la journée dans le jardin. La veille, il avait planifié, minutieusement, tous les emplacements. Puis, pour se simplifier le travail, il s’était fabriqué, à partir d’une branche de chêne, un outil de mesure, taillé en pointe, avec des encoches,  correspondant aux profondeurs auxquelles les bulbes devaient être mis en terre. 

Il avait planté de manière éparse, les crocus et les perce-neige qui seraient les premiers à surgir du sol, et à se marier aux primevères qui poussaient naturellement dans le jardin. Ensuite, il avait mis ensemble les bulbes des tulipes rouges avec ceux des jacinthes bleues qui créeraient, ainsi, des ensembles de formes et de couleurs contrastées. Marjolaine  pourrait, les voir depuis les fenêtres de la cuisine. En arrière plan, pour agrémenter le petit étang, pousseraient les lys roses et les pieds d’alouettes  de couleur bleue pâle qui surplomberaient, par leur taille, les autres fleurs. Marjolaine pourrait alors les contempler, assise à la terrasse, en lisant ses livres. Comme touche finale, dans les endroits les plus secs du jardin,  il avait semé à la volé, comme un magicien utilise sa poudre magique , des graines de pavots de Californie. Marjolaine succomberait sous leurs charmes, elle dont la fleur préférée était le coquelicot.

Trambouille  était fier de son coup de génie, après avoir planté toutes les fleurs, il ne restait plus qu’à s’occuper de son champ de bataille à lui, cette fois le tigré, recevrait une bonne leçon, de quoi lui enlever l’envie de revenir se promener autour de la maison. Il avait choisit la partie la plus sauvage du jardin, à une quinzaine de mètres de « la grotte de l’ours » il avait placé stratégiquement les pousses de valérianes et de chataires. Privilégiant trois endroits, en plein milieu des hautes herbes qui pousseraient rapidement dès l’arrivée du printemps. Il pouvait, ainsi, aisément surveiller les lieux, avec précision, depuis les croisées du cabanon.Il fit venir Marjolaine sur la terrasse et lui dit :

« Voilà, ta surprise est prête !» Marjolaine écarquilla les yeux : « Mais qu’est-ce donc ? Où est-elle ? »

Trambouille, sourit, de ce sourire en coin, qu’elle aimait tellement. Puis l’amena dans la cuisine. Et lui raconta comment, tour à tour, elle verrait le jardin refleurir avec le printemps. Il lui avait réservé, pour cette représentation unique,  la meilleure place pour chaque scène. Bien sûr, il ne pipa mot sur les pavots de Californie. Et garda pour lui son jardin secret truffé de valérianes et de chataires.

Marjolaine était  une fois de plus subjuguée par son ours.

                                                                  SUITE

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23 mars 2006 4 23 /03 /mars /2006 00:00

Trambouille prit la liste des courses, en maugréant . Cela faisait un moment qu’il soupçonnait le tigré, de violer son territoire. Pareille provocation, pouvait encore le mettre hors de lui, pour la journée. Chemin faisant, il s’arrêta pour observer les mômes du quartier qui jouaient dans le square. C’est alors, que lui vint  une idée de vengeance. Comme d’habitude , il n’avait pas dit son dernier mot.

 

Il se dépêcha de remplir son cabas avec la commande de Marjolaine, puis se dirigea vers le rayon des aliments pour animaux de compagnie. Appela un des patineurs et lui demanda conseil sur les aliments pour chats. Une flopée de marques différentes, se battaient pour arnaquer les propriétaires  de chats en leur ventant les mérites de goût de tel ou tel produit. Mais n’allait-il pas lui aussi tomber, à cet instant dans le consumérisme galopant ? Etait-il, lui aussi une victime de la pub ? Trambouille se rassura aussitôt. Non ! Dans ce cas il s’agissait d’une bonne cause et d’une guerre juste ! La sienne.Finalement, il se décida pour gros sac en promotion, de 20 kg ,  « Croquettes Whiskys » , bios, lights et  sans alcool. Ce que tous les chats débiles du quartier,  habitués à la mal bouffe, devaient sûrement raffoler. Pour un voyageur, comme lui, qui avait parcouru tous les océans, avec régulièrement des chats à bord, il trouvait cela d’une idiotie sans pareille. Un chat qui n’est pas dénaturé, se nourrit par lui-même. Tout bon marin sait cela ! Que Diable! Bref , l’adage « Tel chat, tel maître » pouvait donc, aussi, être  valable.Il paya à la caisse et sortit du magasin.

En arrivant  au passage piéton, il  tomba sur Madame Tita, une vielle fille, qui avait pour habitude de raconter sa vie à qui voulait l’entendre. « Et merde ! » pensa-t-il. Chargé comme il était , il n’y avait pas moyen d’esquiver la discussion et la curiosité de la voisine.  

« Bonjour Monsieur Traaaambeeert » lui dit celle-ci, heureuse d’avoir trouvé prétexte pour ouvrir son bec.  

« Bonjour Madame Tiiiitaaaa » l’imita-t-il, sur le même ton stupide. Sans  lâcher les yeux de la vieille dame du regard.  

« En ben ! Vous êtes-bien chargé, dites voir, pour votre âge » ajouta-t-elle ?  

Trambouille n’était pas d’humeur à cancaner, Barbe Noire se réveillait en lui… :  

« Eh ouiiii ! Madame Tiiiiitaaaaa… Le sexe conserve ! vous trouverez ça dans le rayon lingerie, vous devriez essayer, même à votre âge, il n’est jamais trop tard !»  

Il la laissa complètement interloquée sur place, et n’attendit pas sa réponse pour traverser la route.

Avant de rentrer chez lui, il déposa discrètement son sac de croquettes, devant la maison entra dans la cuisine avec les commissions. Il attendit patiemment que Marjolaine se mit à déballer les victuailles. Puis ressortit sur la terrasse. En un éclair, il avait saisi le sac de croquettes et se dirigeait prestement, vers sa  « grotte de l’ours ». Masquant de son large dos, le butin précieux qu’il transportait. Marjolaine le regardait, depuis la cuisine, se diriger vers le cabanon. De la main droite, il s’acharnait à ouvrir la serrure, alors qu’il maintenait, de la main et du genou gauche, le sac de croquettes en équilibre. Le vieux bougre, il était encore habile. Elle n’avait pas  bien vu ce qu’il transportait, et ses cachotteries la faisaient plutôt rigoler. Ce qui comptait pour elle, c’est qu’il ait gardé toute son ardeur et qu’il ne la dépense pas à courtiser des jeunes filles, car la concurrence devenait de plus en plus massive tandis qu’elle vieillissait. Ce vieux briscard, elle en était très fière. Il lui avait donné de beaux enfants, bien que cela n’eût pas toujours été facile, pour elle, d’être la femme d’un marin comme lui.

Trambouille revint vers la cuisine, avec son air angélique. Marjolaine, en le regardant, ne pouvait éviter de remarquer les quelques gouttes de sueur qui perlaient sur son front et suivaient ses rides, comme de petits ruisseaux affluant vers de grands fleuves. Elle le trouvait toujours aussi craquant. En l’embrassant sur la bouche, elle lui demanda :

-«  Tout va bien,  mon filou ? »  

-« Oui, oui. A quelle heure mange-t-on aujourd’hui ? » S’enquit-il, persuadé qu’elle ne se doutait de rien.

-« Dans une petite heure, tout sera prêt » répondit-elle  

« Bon, eh bien …je m’en vais faire un petit tour, à tout de suite. »

Marjolaine était une cuisinière hors pair, elle savait mettre de la passion dans ses repas, elle tenait son ours par le ventre. comme il se doit! Et allez savoir pourquoi elle mettait toujours de l'origan dans tous ses plats!

Trambouille avait encore des courses à faire, pour mettre son plan à exécution. Un peu fatigué par les courses faites le matin. Il décida de prendre son vélo auquel il attacha la petite remorque, et se dirigea chez le pépiniériste. Arrivé au parking, il reconnut le groupe de rappeurs qui faisaient du Break-dance sur un grand carton. Il se dirigea vers eux, en jetant un regard circulaire autour de lui, leur fit le salut de reconnaissance, et leur demanda de lui garder son véhicule.  

«Ya pas de problème, quoi !» « Vous pouvez être tranquille, man ! » Le vieux avait la côte auprès des jeunes, comme eux, il était une figure de la rue.  Un théâtre à lui tout seul. Sorti, certes, d’une autre époque, mais jamais à cours d’anecdotes pour surprendre les jeunes en quête d’aventures. 

Trambouille rentra dans le magasin et ressortit, avec différents oignons de fleurs pour le jardin, et des pousses de valérianes et de chataires. Il remercia le groupe de jeunes et rentra pour le dîner. En arrivant chez lui, il traversa d’un trait le jardin en direction du cabanon. 

Marjolaine s’avança sur la terrasse en le voyant :

« Mais qu’est-ce que tu fabriques aujourd’hui encore ? » 

« Ne t’approches pas, c’est une surprise ? Vade retro Barjolaine! » Trambouille employait toujours ce surnom, quand elle commençait à l’agacer. 

« Bon dépêche-toi ! Le repas est prêt, et vu comme tu me traites, ne compte pas sur moi pour mettre la table » Elle tourna les talons et repartit dans la cuisine en faisant mine d’être fâchée. 

Ils se connaissaient si bien qu’ils s’utilisaient l’un, l’autre constamment pour alimenter leur quotidien. Chacun savait si bien les limites de l’autre,  qu’ils veillaient, sans efforts,  à ne pas les dépasser.

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21 mars 2006 2 21 /03 /mars /2006 23:50

A 83 ans, Bertrand Bralong, avait encore de beaux restes, son regard goguenard témoignait, en silence, de ses expériences passées. Bien que le destin l’eût affublé de mille surnoms,  il ne répondait plus qu’à trois appels différents. Les gens «  biens, comme il faut » et  les autorités se devaient de l’appeler toujours « Monsieur Bralong », toute proximité de leur part était malvenue. Et c’était sans hésiter qu’il les aurait remis,  rapidement, à leur place. D’ailleurs, ceux qui le craignaient, avaient vite fait de japper de lui, sous le nom de «  Barbe Noire ». A son âge avancé, il ne souffrait toujours pas de cheveux blancs et marchait, sans canne, les mains jointes dérrière le dos. Il y 14  ans , lors de la naissance de son premier petit-enfant, il avait laissé pousser sa barbe. Taillée dans un bel arrondi, il en prenait soin au quotidien. Elle le rajeunissait à tel point qu’il entendait, régulièrement, de la part d’autres vieillards plus jeunes que lui , cette même rengaine : « Vous verrez, quand vous aurez mon âge » .  Il souriait d’un coin de la bouche et acquiesçait pour ne pas alourdir leur peine.

Mais « Barbe Noire » avait tout fait pour rester jeune, il n’avait pas voulu tuer l'enfant en lui. Il continuait,ainsi, à s'émerveiller de tout, etpar la même occasion  ne tarissait pas d’apprendre. Considérant la rencontre avec sa propre mort, comme un passage obligé, il l'attendait au détour de son chemin, sans que  se fut , ni une source d'inquiétude,  ni  une  peur dominatrice. Au contraire, la mort faisait partie de la vie et s'inscrivait dans son mouvement et  dans sa continuité.

Sa femme, la famille et les proches, quant eux, pouvaient allègrement se permettre de le héler sous le doux nom de « Trambouille ».  Un surnom qui correspondait à une confiance réciproque, à une amitié aguerrie, à des instants uniques  partagés  ensembles. Pour tous les autres, il appréciait un simple «  Monsieur Trambert », qui distillait un mélange parfumé de  respect et  de complicité.  

Le printemps approchant, Trambouille  avait décidé, ce matin-là, de mettre l’ordre dans « sa grotte de l’ours ». C’était un long cabanon de jardin, qu’il s’était offert le jour de sa retraite, territoire interdit et jardin de ses secrets. Même Marjolaine n’osait s’approcher à plus de dix mètres, sans risquer un  aboiement féroce  : 

-  « Qu’est-ce que tu  fous là ? Sacrebleu, tu travailles pour Big Brother maintenant ! »

Marjolaine Bralong était une petite femme menue mais courageuse, qui n’avait pas hésité à apprivoiser le gros ours, dans son bel âge. Malgré les apparences, elle savait s’y prendre pour obtenir de lui tout ce qu’elle désirait. D’une intuition toute naïve, elle avait compris le personnage très rapidement. Amour et amitié avaient trouvé leur place dans cette relation qui perdurait depuis bientôt 60 ans. Elle se plaisait à dire, qu'elle avait choisi Trambouille juste pour abandonner son nom de jeune fille, qui ne lui plaisait guère. A l’époque, elle s’appelait  encore  Marjolaine Courtepatte. 

Sur le pas de la porte de la cuisine, qui donnait sur la terrasse du jardin, Marjolaine cria dans la direction du cabanon. 

« Ohé ! Trambouille ! Si tu veux manger aujourd’hui… Faudra me faire des courses… la liste est prête… elle n’attend plus que toi » 

« Oui ! Ma Citrouille, j’arrive » c’est comme cela qu’il répondait à ses appels, juste pour le plaisir de la rime. 

Quand il arriva sur la terrasse, un chat tigré sortit, ventre à terre, de la maison, il avait dû entendre la voix de Trambouille, et  se doutait bien qu’il risquât gros à traîner dans la maison. 

« Saleté bestiole, si je trouve un seul poil sur mon fauteuil, je jure sur la tête de Flint, que je l’écharpe » pesta-t-il ? 

Trambouille avait gagné bien des combats dans sa vie, se mettre sur son chemin, en connaissance de cause, relevait vraiment de l’audace et de la témérité. Et pourtant, il y avait une guerre qu’il menait à perte depuis bien longtemps. 

Pour ses 50 ans, il avait, à l’époque, réuni sa famille et ses amis. Tout le monde avait été surpris de recevoir une pareille invitation de sa part. En effet, Trambouille était plutôt du genre à fêter ses anniversaires, dans les bois, autour d’un feu, avec pour seule compagnie un ou deux autres ours de son acabit. Tout le monde se doutait bien qu’il se tramât quelque chose d’important. Tant et si bien, que, lorsqu’il demanda un peu silence, l’assemblée cessa, aussitôt,  les discussions pour prêter attention. Avant de commencer, il s’assura que tout le monde le regardait. Il prit  le temps de croiser, un à un, les regards de chacune des personnes à qui il adressait plus particulièrement le message suivant : 

« J’ai décidé aujourd’hui, de poser mon premier principe de « Vieux-Con ». Dorénavant, je déclare la  guerre à  tous les chats ! » 

Quelques chuchotements légers se firent sentir dans l’assemblée. Ils n’échappèrent pas  à l’oreille de Trambouille, qui ne souriait pas du tout. 

« Silence, s’il vous plaît, je n’ai pas terminé et je suis le plus sérieux du monde, dans cette affaire ! » Trambouille poursuivit :  « Par conséquent je ne visiterai  plus, quiconque  possède un chat, ma décision est prise, et elle est irrévocable ! Je suis allergique aux chats, depuis ma plus tendre enfance, et j’estime que le temps des compromis est révolu. Je n’oblige personne à me recevoir, et vous serez  toujours les bienvenus chez moi.  De plus, je veux que le mot « chat »soit banni à jamais en ma présence, par respect pour ma décision et mon amitié » 

« Voyons Trambouille, tu ne peux pas faire ça… » Tenta Horace, un ami peintre. 

La réponse fusa en un instant  : «  Ecoute l’artiste, tu as passé ta vie à peindre et à faire ce tu voulais, je ne t’ai jamais jugé, alors si quelque chose, ici, ne te convient pas, tu es assez grand pour prendre la porte.  Pour moi, l'affaire est close ! » 

Pulpo, un vieux compagnon de flibuste, se leva. Les deux hommes s’adoraient, depuis la fin des temps, ni femme , ni embrouille n'était parvenue à les séparer. Il n’y avait que lui pour oser détendre l’atmosphère. Et, prenant les convives à témoin, d’un geste large de la main, il demanda:

« Excuse-moi, Trambouille, mais serait-il encore permis d’employer le mot  «chatte » en ta présence»

Un sourire asymétrique se dessina sur le visage de Trambouille, l’assemblée éclata de rire aussitôt, et la fête reprit de plus belle. Pourtant le message était passé ! 


SUITE

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18 mars 2006 6 18 /03 /mars /2006 18:28

L’écriture s’impose à moi, comme un sujet d’examen est imposé à un collégien sur un banc d’école ? Et pourtant, cela fait longtemps que j’ai renoncé à l’écriture en tant que dictature académique. Que m’arrive-t-il ? Cela fait longtemps que je n’ai pas eu envie d’écrire comme aujourd’hui.

Car l’envie, dans ce cas, n’est pas suffisante ! Reiner Marie Rilke dans « lettres à un jeune poète », répondait clairement à son correspondant, qu’il ne fallait pas écrire, s ‘il n’en sentait pas profondément le besoin. Que se passe-t-il ? Renouerai-je , déjà maintenant, avec cette écriture que j’ai si fermement répudiée. Si tôt , me confronter à nouveau à elle, moi qui ne lui laissait une porte d’entrée, que pour mes vieux jours. Aurai-je vieilli si vite, sans m’en apercevoir ? Aurai-je mûri, moi le boîteux-fou, qui ai volontairement privilégié, l’extase du verbe, à l’immobilité de l’écrit. Ou alors ? Suis-je entrain de me corrompre ? Par vanité, en fixant mes propres pensées imparfaites dans des traces immuables, que désormais n’importe qui pourrait mal interpréter et utiliser selon ses intérêts. Le texte n’échappe pas au paradoxe de l’invention, celui qui veut que : que l’invention ne soit ni bonne, ni mauvaise, mais quelle dépende avant tout de l’usage que l’on en fait ! Que ce soit de l’usage de la bible ou de la théorie atomique. Me dois-je d’écrire ?

Je remercie trois blogueurs qui ont gentiment et sans le savoir provoqué  ce déclic.

Supr3me

Clara croche

Marypistache

Je prépare ma première histoire qui ne devrait pas tarder (à suivre...)

 

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15 mars 2006 3 15 /03 /mars /2006 19:19

Cette bouteille dérive  le long de mes pensées et vient naturellement s’échouer sur les rives de mon cœur. Je ne te demande, donc, pas la permission de la ramasser, je la ramasse tout simplement. Me questionnant sur le message qu’elle contient. Ma curiosité est tout sauf malsaine, je sais qu’à l’autre bout, le lanceur, est  un être humain et respectueusement, je m’attends à tout.

   

Le parchemin que j’y découvre, lavé par les eaux salées, miroite à la lumière du soleil. Je m’aperçois et te découvre, vivant cet écartèlement , qui te désintègre, mais auquel tu fais face, comme  moi , jadis. Ni dieu, ni maître, juste, toi  face au monde,  que dis-je , face à l’ Univers.

Cet Univers si beau d’un côté et monstrueux de l’autre. Cet Univers qui donne envie de vivre tant il contient de richesses, mais qui en même temps nous fait comprendre par son immensité,  à quel point nous sommes petits, microscopiques, juste de la poussière balayée aux grés des vents.

 

Depuis  longtemps la révolte a sonné, mais l’avenir n’en a cure, ce  hurlement poussé dans le néant est bien plus qu’un simple cri de désespoir ou de solitude. C’est un rugissement de rage et de refus d’une condition humaine sans queue, ni tête. Mais, pas seulement, c’est surtout un appel de conviction et de force. Un aboiement qui marque le refus d’être balayé d’un revers de main par un monde qui se fout de tout. Mais la révolte ne suffit pas, tu le sais, c’est autre chose qui t’attend, quelque chose de bien plus fort, qui se réveille en toi, comme un accouchement sans fin, dont les contractions régulières ne cessent, jours après jours, de  te torturer.

Mais de quoi accoucherais-tu donc? Toi, qui n’a même pas d’utérus. Comment pourrais-tu engendrer la vie, toi qui ne peut-être mère ?

Les accouchements se font dans la douleur certes, mais ils sont limités dans le temps, là, il s’agit d’autre chose de, bien plus violent , bien plus pénible, bien plus lent, qui se transforme en toi. Regarde pronfondément , je sais que tu le sens, cet autre qui est là et qui se tapit dans l’ombre, se refusant de sortir à la lumière. Il pointe du doigt ce monde, que tu perçois, rempli de futilités et de médiocrités, il n’est pas venu, ici, pour cela, pour se satisfaire de toute cette suffisance, alors il a décidé de te tenailler, de te bouffer les tripes, de t’éblouir de toute cette vérité sordide et implacable. Tu sais qu’il a raison et certaines fois tu en marre de le protéger en toi. Tu le ferais volontiers taire une fois pour toute, mais une fois mort en toi , qu’en ferais tu ? Rapidemment, il t’empoisonnerait et t’amènerait à ta propre mort. Est-ce ça que tu veux ? Une victoire à la Pyrrhus. Je ne le crois pas, tu fais partie d’une autre famille. Tu as trop d’honneur pour te contenter.

 

Tu le sais bien ton cri est d’un autre genre, rappelle-toi ! Héphaïstos jeté de l’Olympe par sa propre mère, c’est dans son enfer qu’il s’est refait lui-même. Ton cri est autre, parce qu’il est tien, il est Unique comme cet Univers que tu défies. Une fois lancé, il ne se perd pas , il se répercute comme un écho, dont ce texte en est une simple preuve.

 

 

Et qui suis-je  pour te raconter ça, ne te fies pas aux apparences un Boiteux-Fou, a aussi un passé, mais surtout du courage pour affronter et affronter encore.

 

 

 

La métamorphose est longue ! Et c’est dans la chrysalide que le combat est le plus tenace  pour survivre à un environnement hostile. Mais trèves de discussions ! Que choisis-tu ?

La Larve ou le Papillon ?

 

A Supr3me

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12 août 2005 5 12 /08 /août /2005 00:00

Ce poème date 1995, il est dédié à mon ami Arturo C. L'Amitié et l'Amour sont deux choses que l'on ne peut délier et qui n'ont nul sens l'une sans l'autre. J'aime te voir avec mes enfants!

 

Rose en vase

S eul,drapé de blanc,tes yeux hors du décor:

I  mpitoyable semblait l'issue du combat

D ans ce gouffre chaud où la vie se débat

A mour et Mort ensemble ont plongé dans ton corps.

V acillant sur le sable de ta propre vie

I  mpuissant dans cette arène inattendue

D u taureau ne restait que cet air affaibli.

A utour du lit nos âmes se sont entendues,

J 'ai fixé le miroir de mes yeux sur le tien.

U ne estocade de tendresse et d'amour

N ous a  transpercés ravivant notre lien.

T out comme une rose qui reprend ses atours

O bscurément, quand à sa tête on l'aiguillonne

S oudain, à son existance, à nouveau se donne.

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4 août 2005 4 04 /08 /août /2005 00:00

J'ai retrouvé en mettant de l'ordre, deux sonnets que j'avais écrits quelques années en arrière.

Je vous publie le premier, ici-même, écrit en 1989, j'espère qu'il plaira aux amateurs/rices de mythologie!

Circé

Magicienne noire de l'île tropicale!

Mon esprit s'échappe dans un rêve exotique

Et rendu esclave par ton pouvoir mystique

Il renie sa triste condition animale.

Ton regard assujetit les hommes avides

De brûlants désirs et de parfums colorés,

Pourceaux impuissants devant tes charmes dorés.

De leur avenir toi seule, Circé, décide!

Ô ! femme transcentale sans peurs, ni craintes!

Seul Ulysse verra sur ta figure peinte

Cette expression si commune à tes victimes.

Cet amour réduira en une pantomime

Ta sorcellerie secrète, injuste et vilaine

Et nous rendre, ma belle, notre forme humaine.

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