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Cojoloco, tiré de l'espagnol, signifie: " Le boiteux-fou"

 

Tout en restant très hétéroclite, ce blog ne poursuit aucune thématique si ce n'est mon propre délire.  Il se veut aussi un terrain de découverte pour les enfants qui apprécient particulièrement les animations.

Je profite par la même occasion de mettre un peu d'ordre dans mon passé, qui souvent très mouvementé n'a conservé qu'un ordre chronologique. 

 

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Grand Jacques

Dimanche 2 avril 2006

Je  me rappelle avoir, maintes fois, essayé de faire une cassette avec les meilleures chansons de Brel, y avoir passé des heures à estimer les textes qui me parlaient le plus. Rien à faire,  90 min de Brel ne suffisaient jamais.


Ne vous posez donc pas la question pourquoi avoir choisi ce texte pour commencer , plutôt qu’un autre.

La quête, fait partie de l’opérette de « l’homme de la Mancha », une pièce écrite et jouée sur les planches , par Jacques Brel, alors qu’il était déjà bien malade. Donnant ainsi une dimension encore plus tragique au personnage de Don Quichotte, qui passionnait Brel. Je l'imagine volontiers avec Jojo, en quête, tels les deux héros de Cervantes.


Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir où personne ne part

Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer, même trop, même mal,
Tenter, sans force et sans armure,
D'atteindre l'inaccessible étoile

Telle est ma quête,
Suivre l'étoile
Peu m'importent mes chances
Peu m'importe le temps
Ou ma désespérance
Et puis lutter toujours
Sans questions ni repos
Se damner
Pour l'or d'un mot d'amour
Je ne sais si je serai ce héros
Mais mon cœur serait tranquille
Et les villes s'éclabousseraient de bleu
Parce qu'un malheureux

Brûle encore, bien qu'ayant tout brûlé
Brûle encore, même trop, même mal
Pour atteindre à s'en écarteler
Pour atteindre l'inaccessible étoile.

 

La folie un thème récurrent chez moi et pour cause…je traiterai de malheureux le fou qui s’ignore. Le fou a finalement la capacité de dépasser le monde de la raison, au point de s’offrir complètement corps et âme à sa propre conception du monde. Son monde devient plus important que lui même, il pourrait mourir pour lui, sans la moindre crainte sans la moindre hésitation, sans qu’on lui donne un ordre, car il se sait le gardien d’un espace sans limite, où l’enchantement  est le héros et les valeurs sont le décors. L’enchantement du monde voilà ce que le monde scientifique et raisonnable tue à coup de preuves et d’explications qui finalement ne sont d’aucune garantie, lorsqu’il s’agit de choisir une philosophie de vie.
Atteindre l’inaccessible, au travers de la quête, résume cette volonté de forcené, qui  cherche sans cesse à s’accomplir en restant toujours fidèle aux  convictions les plus intimes, aux  valeurs les plus pures, aux rêves les plus  insensés.  Renier le fou en nous, reviendrait à assassiner l’enfant qui est en nous.

N’oublions jamais que chez les anciens poètes : « la nature imite l’art » et non le contraire. Alors ne cessez pas d’imaginer , de rêver et de créer…un jour viendra où la nature s’exaucera !

Mourir sans aimer, mourir sans se brûler, mourir sans s’épanouir, mourir sans défier le destin, c’est mourir en bourgeois, mourir en malheureux, mourir sans vivre, mourir en idiot.

La parole est à vous, mettez des commentaires et partageons !

Par Cojoloco
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Dimanche 2 avril 2006

Que vient faire Jacques Brel dans ce blog?

Si on me donnait la chance ou l'opportunité, dans une dimension possible, de rencontrer un homme célèbre,  je lancerais, sans hésiter, comme un cri de joie spontanée, sorti profondément de mes tripes, le nom de BREL.

Oui , Jacques , le Grand Jacques !

Celui qui pendant mon enfance  m’a d’abord entouré de ses musiques et de ses textes que mes deux parents aimaient à écouter.
Celui dont la mort, alors que je n’avais que dix ans, m’a vraiment fait comprendre que l’on doit profiter des vivants avant que les occasions ne  viennent à manquer.
Celui, qui m’a accompagné à l’école, jeune adolescent, et dont je défendais les couleurs, comme une marque personnelle, face aux bataillons de groupies d’ AC/ DC, de  Jim Morrison,  des Sex Pistols, des Rolling Stones… ou  encore face à tant d’autres étendards qu’arboraient fièrement mes camarades.
Celui qui me permettait enfin de pleurer, seul dans ma chambre, des injustices subies, en buvant  ses paroles jusqu’à la rage.
Celui qui me donnait la force et le courage d’affronter Dieu et sa création en me ressourçant dans des crescendos tumultueux, jaillissants des enfers comme les laves d’un volcan.
Celui dont la poésie à fleur de peau, me dénudait,  tel un écorché vif qui découvre la douleur de ses sentiments.
Celui, qui m’appris à laissé la révolte pour des causes plus nobles, limons fertiles à de vraies révolutions.
Celui, dont les vers  percutants, rongeant ma naïveté et illuminant ses poésies reviennent encore à mon esprit lors de situations quotidiennes, comme les signes clairvoyants d’une étoile polaire, dans une nuit parsemée d’idées et d’émotions confuses.
Celui qui m’a préservé, en m’inculquant une peur profonde de l’embourgeoisement, de toutes ces plaies contemporaines que sont la suffisance malsaine ,  la respectabilité médiocre ,  l’hypocrisie galopante ou encore l’ambition appauvrissante d’une carrière sociale.
Celui qui m’a convaincu de défendre en premier lieu  la condition humaine, comme une source  inépuisable d’émerveillement et d’espoir.
Celui m’a poussé finalement à être moi, pour mes rêves et mes désirs indépendamment de l’inaccessibilité de ma  propre quête.
Celui dont j’aurais pu être presque « fan », si ce mot ne provoquait  en moi d’affreux vomissements de bile grégaire.

Avec un profond respect, l’autre Jacques, le boiteux fou

Cette catégorie est encore un de mes essais multiples, l’idée m’est venue d’apposer, à une chanson de BREL,  une pensée  ou une analyse personnelle, humble témoignage d’un brelien convaincu. Je pense ainsi illustrer, peu à peu, certaines de ses chansons que je listerai au fur et à mesure dans cet article.

Par Cojoloco
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Dimanche 16 avril 2006
La vieillesse et la mort un couple, qui fait réfléchir comme nul autre, quand on a la présence d'esprit de s'en soucier assez tôt. Un sujet qui ne m'a plus quitté depuis l'âge de vingt ans où j'ai travaillé pendant trois en ans successivement, en Gériatrie, en accompagnement de fin vie et  en soins palliatif.
La mort est un tabou trop important dans notre société, au point où souvent les gens passent vraiment à côté de cette quetion fondamentale jusqu'à s'y retrouver ineluctablement confronté.
Et pourtant la mort est quotidienne, elle fait partie du changement, le plus bel exemple, est sans doute l'automne avec ses feuilles mortes. Une bonne philosophie de vie se doit d'y réfléchir avec franchise et sérénité. De notre conception de la mort dépend principalement notre conception du monde.

Ah je les vois déjà
Me couvrant de baisers
Et s'arrachant mes mains
Et demandant tout bas
Est-ce que la mort s'en vient
Est-ce que la mort s'en va
Est-ce qu'il est encore chaud
Est-ce qu'il est déjà froid
Ils ouvrent mes armoires
Ils tâtent mes faïences
Ils fouillent mes tiroirs
Se régalant d'avance
De mes lettres d'amour
Enrubannées par deux
Qu'ils liront près du feu
En riant aux éclats
Ah Ah Ah Ah Ah Ah

Ah je les vois déjà
Compassés et frileux
Suivant comme des artistes
Mon costume de bois
Ils se poussent du cœur
Pour être le plus triste
Ils se poussent du bras
Pour être le premier
Z'ont amené des vieilles
Qui ne me connaissaient plus
Z'ont amené des enfants
Qui ne me connaissaient pas
Pensent aux prix des fleurs
Et trouvent indécent
De ne pas mourir au printemps
Quand on aime le lilas
Ah Ah Ah Ah Ah Ah

Ah je les vois déjà
Tous mes chers faux amis
Souriant sous le poids
Du devoir accompli
Ah je te vois déjà
Trop triste trop à l'aise
Protégeant sous le drap
Tes larmes lyonnaises
Tu ne sais même pas
Sortant de mon cimetière
Que tu entres en ton enfer
Quand s'accroche à ton bras
Le bras de ton quelconque
Le bras de ton dernier
Qui te fera pleurer
Bien autrement que moi
Ah Ah Ah Ah Ah Ah

Ah je me vois déjà
M'installant à jamais
Bien triste bien au froid
Dans mon champ d'osselets
Ah je me vois déjà
Je me vois tout au bout
De ce voyage-là
D'où l'on revient de tout
Je vois déjà tout ça
Et on a le brave culot
D'oser me demander
De ne plus boire que de l'eau
De ne plus trousser les filles
De mettre de l'argent de côté
D'aimer le filet de maquereau
Et de crier vive le roi
Ah Ah Ah Ah Ah Ah

J'ai toujours apprécié chez Brel, ce côté ne me la faites pas avec vos bonnes paroles et vos jugements. Souciez vous plutôt de vous, vous avez déjà assez à faire comme ça. Je crois que cela m'a permi de ne pas toujours prendre, pour argent comptant, la parole des adultes. Ces êtres, tout aussi faillibles, si ce n'est plus que les enfants. Souvent bien trop contents de rentrer les normes de bases pour se permettre de juger tout un chacun.  L'homme développe, ainsi, l'hypocrisie et le politiquement correct comme un prêt a penser, qui permet de se mouvoir en société et  cultiver son image bien plus que sa personne.




Par Cojoloco
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