Cette bouteille dérive le long de mes pensées et vient naturellement s’échouer sur les rives de mon cœur. Je ne te demande, donc, pas la permission de la ramasser, je la ramasse tout simplement. Me questionnant sur le message qu’elle contient. Ma curiosité est tout sauf malsaine, je sais qu’à l’autre bout, le lanceur, est un être humain et respectueusement, je m’attends à tout.
Le parchemin que j’y découvre, lavé par les eaux salées, miroite à la lumière du soleil. Je m’aperçois et te découvre, vivant cet écartèlement , qui te désintègre, mais auquel tu fais face, comme moi , jadis. Ni dieu, ni maître, juste, toi face au monde, que dis-je , face à l’ Univers.
Cet Univers si beau d’un côté et monstrueux de l’autre. Cet Univers qui donne envie de vivre tant il contient de richesses, mais qui en même temps nous fait comprendre par son immensité, à quel point nous sommes petits, microscopiques, juste de la poussière balayée aux grés des vents.
Depuis longtemps la révolte a sonné, mais l’avenir n’en a cure, ce hurlement poussé dans le néant est bien plus qu’un simple cri de désespoir ou de solitude. C’est un rugissement de rage et de refus d’une condition humaine sans queue, ni tête. Mais, pas seulement, c’est surtout un appel de conviction et de force. Un aboiement qui marque le refus d’être balayé d’un revers de main par un monde qui se fout de tout. Mais la révolte ne suffit pas, tu le sais, c’est autre chose qui t’attend, quelque chose de bien plus fort, qui se réveille en toi, comme un accouchement sans fin, dont les contractions régulières ne cessent, jours après jours, de te torturer.
Mais de quoi accoucherais-tu donc? Toi, qui n’a même pas d’utérus. Comment pourrais-tu engendrer la vie, toi qui ne peut-être mère ?
Les accouchements se font dans la douleur certes, mais ils sont limités dans le temps, là, il s’agit d’autre chose de, bien plus violent , bien plus pénible, bien plus lent, qui se transforme en toi. Regarde pronfondément , je sais que tu le sens, cet autre qui est là et qui se tapit dans l’ombre, se refusant de sortir à la lumière. Il pointe du doigt ce monde, que tu perçois, rempli de futilités et de médiocrités, il n’est pas venu, ici, pour cela, pour se satisfaire de toute cette suffisance, alors il a décidé de te tenailler, de te bouffer les tripes, de t’éblouir de toute cette vérité sordide et implacable. Tu sais qu’il a raison et certaines fois tu en marre de le protéger en toi. Tu le ferais volontiers taire une fois pour toute, mais une fois mort en toi , qu’en ferais tu ? Rapidemment, il t’empoisonnerait et t’amènerait à ta propre mort. Est-ce ça que tu veux ? Une victoire à la Pyrrhus. Je ne le crois pas, tu fais partie d’une autre famille. Tu as trop d’honneur pour te contenter.
Tu le sais bien ton cri est d’un autre genre, rappelle-toi ! Héphaïstos jeté de l’Olympe par sa propre mère, c’est dans son enfer qu’il s’est refait lui-même. Ton cri est autre, parce qu’il est tien, il est Unique comme cet Univers que tu défies. Une fois lancé, il ne se perd pas , il se répercute comme un écho, dont ce texte en est une simple preuve.
Et qui suis-je pour te raconter ça, ne te fies pas aux apparences un Boiteux-Fou, a aussi un passé, mais surtout du courage pour affronter et affronter encore.
La métamorphose est longue ! Et c’est dans la chrysalide que le combat est le plus tenace pour survivre à un environnement hostile. Mais trèves de discussions ! Que choisis-tu ?
La Larve ou le Papillon ?
A Supr3me
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