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Cojoloco, tiré de l'espagnol, signifie: " Le boiteux-fou"

 

Tout en restant très hétéroclite, ce blog ne poursuit aucune thématique si ce n'est mon propre délire.  Il se veut aussi un terrain de découverte pour les enfants qui apprécient particulièrement les animations.

Je profite par la même occasion de mettre un peu d'ordre dans mon passé, qui souvent très mouvementé n'a conservé qu'un ordre chronologique. 

 

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Mardi 21 mars 2006 2 21 /03 /2006 23:50

A 83 ans, Bertrand Bralong, avait encore de beaux restes, son regard goguenard témoignait, en silence, de ses expériences passées. Bien que le destin l’eût affublé de mille surnoms,  il ne répondait plus qu’à trois appels différents. Les gens «  biens, comme il faut » et  les autorités se devaient de l’appeler toujours « Monsieur Bralong », toute proximité de leur part était malvenue. Et c’était sans hésiter qu’il les aurait remis,  rapidement, à leur place. D’ailleurs, ceux qui le craignaient, avaient vite fait de japper de lui, sous le nom de «  Barbe Noire ». A son âge avancé, il ne souffrait toujours pas de cheveux blancs et marchait, sans canne, les mains jointes dérrière le dos. Il y 14  ans , lors de la naissance de son premier petit-enfant, il avait laissé pousser sa barbe. Taillée dans un bel arrondi, il en prenait soin au quotidien. Elle le rajeunissait à tel point qu’il entendait, régulièrement, de la part d’autres vieillards plus jeunes que lui , cette même rengaine : « Vous verrez, quand vous aurez mon âge » .  Il souriait d’un coin de la bouche et acquiesçait pour ne pas alourdir leur peine.

Mais « Barbe Noire » avait tout fait pour rester jeune, il n’avait pas voulu tuer l'enfant en lui. Il continuait,ainsi, à s'émerveiller de tout, etpar la même occasion  ne tarissait pas d’apprendre. Considérant la rencontre avec sa propre mort, comme un passage obligé, il l'attendait au détour de son chemin, sans que  se fut , ni une source d'inquiétude,  ni  une  peur dominatrice. Au contraire, la mort faisait partie de la vie et s'inscrivait dans son mouvement et  dans sa continuité.

Sa femme, la famille et les proches, quant eux, pouvaient allègrement se permettre de le héler sous le doux nom de « Trambouille ».  Un surnom qui correspondait à une confiance réciproque, à une amitié aguerrie, à des instants uniques  partagés  ensembles. Pour tous les autres, il appréciait un simple «  Monsieur Trambert », qui distillait un mélange parfumé de  respect et  de complicité.  

Le printemps approchant, Trambouille  avait décidé, ce matin-là, de mettre l’ordre dans « sa grotte de l’ours ». C’était un long cabanon de jardin, qu’il s’était offert le jour de sa retraite, territoire interdit et jardin de ses secrets. Même Marjolaine n’osait s’approcher à plus de dix mètres, sans risquer un  aboiement féroce  : 

-  « Qu’est-ce que tu  fous là ? Sacrebleu, tu travailles pour Big Brother maintenant ! »

Marjolaine Bralong était une petite femme menue mais courageuse, qui n’avait pas hésité à apprivoiser le gros ours, dans son bel âge. Malgré les apparences, elle savait s’y prendre pour obtenir de lui tout ce qu’elle désirait. D’une intuition toute naïve, elle avait compris le personnage très rapidement. Amour et amitié avaient trouvé leur place dans cette relation qui perdurait depuis bientôt 60 ans. Elle se plaisait à dire, qu'elle avait choisi Trambouille juste pour abandonner son nom de jeune fille, qui ne lui plaisait guère. A l’époque, elle s’appelait  encore  Marjolaine Courtepatte. 

Sur le pas de la porte de la cuisine, qui donnait sur la terrasse du jardin, Marjolaine cria dans la direction du cabanon. 

« Ohé ! Trambouille ! Si tu veux manger aujourd’hui… Faudra me faire des courses… la liste est prête… elle n’attend plus que toi » 

« Oui ! Ma Citrouille, j’arrive » c’est comme cela qu’il répondait à ses appels, juste pour le plaisir de la rime. 

Quand il arriva sur la terrasse, un chat tigré sortit, ventre à terre, de la maison, il avait dû entendre la voix de Trambouille, et  se doutait bien qu’il risquât gros à traîner dans la maison. 

« Saleté bestiole, si je trouve un seul poil sur mon fauteuil, je jure sur la tête de Flint, que je l’écharpe » pesta-t-il ? 

Trambouille avait gagné bien des combats dans sa vie, se mettre sur son chemin, en connaissance de cause, relevait vraiment de l’audace et de la témérité. Et pourtant, il y avait une guerre qu’il menait à perte depuis bien longtemps. 

Pour ses 50 ans, il avait, à l’époque, réuni sa famille et ses amis. Tout le monde avait été surpris de recevoir une pareille invitation de sa part. En effet, Trambouille était plutôt du genre à fêter ses anniversaires, dans les bois, autour d’un feu, avec pour seule compagnie un ou deux autres ours de son acabit. Tout le monde se doutait bien qu’il se tramât quelque chose d’important. Tant et si bien, que, lorsqu’il demanda un peu silence, l’assemblée cessa, aussitôt,  les discussions pour prêter attention. Avant de commencer, il s’assura que tout le monde le regardait. Il prit  le temps de croiser, un à un, les regards de chacune des personnes à qui il adressait plus particulièrement le message suivant : 

« J’ai décidé aujourd’hui, de poser mon premier principe de « Vieux-Con ». Dorénavant, je déclare la  guerre à  tous les chats ! » 

Quelques chuchotements légers se firent sentir dans l’assemblée. Ils n’échappèrent pas  à l’oreille de Trambouille, qui ne souriait pas du tout. 

« Silence, s’il vous plaît, je n’ai pas terminé et je suis le plus sérieux du monde, dans cette affaire ! » Trambouille poursuivit :  « Par conséquent je ne visiterai  plus, quiconque  possède un chat, ma décision est prise, et elle est irrévocable ! Je suis allergique aux chats, depuis ma plus tendre enfance, et j’estime que le temps des compromis est révolu. Je n’oblige personne à me recevoir, et vous serez  toujours les bienvenus chez moi.  De plus, je veux que le mot « chat »soit banni à jamais en ma présence, par respect pour ma décision et mon amitié » 

« Voyons Trambouille, tu ne peux pas faire ça… » Tenta Horace, un ami peintre. 

La réponse fusa en un instant  : «  Ecoute l’artiste, tu as passé ta vie à peindre et à faire ce tu voulais, je ne t’ai jamais jugé, alors si quelque chose, ici, ne te convient pas, tu es assez grand pour prendre la porte.  Pour moi, l'affaire est close ! » 

Pulpo, un vieux compagnon de flibuste, se leva. Les deux hommes s’adoraient, depuis la fin des temps, ni femme , ni embrouille n'était parvenue à les séparer. Il n’y avait que lui pour oser détendre l’atmosphère. Et, prenant les convives à témoin, d’un geste large de la main, il demanda:

« Excuse-moi, Trambouille, mais serait-il encore permis d’employer le mot  «chatte » en ta présence»

Un sourire asymétrique se dessina sur le visage de Trambouille, l’assemblée éclata de rire aussitôt, et la fête reprit de plus belle. Pourtant le message était passé ! 


SUITE

Par Cojoloco - Publié dans : Essais en pagaille
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Samedi 18 mars 2006 6 18 /03 /2006 18:28

L’écriture s’impose à moi, comme un sujet d’examen est imposé à un collégien sur un banc d’école ? Et pourtant, cela fait longtemps que j’ai renoncé à l’écriture en tant que dictature académique. Que m’arrive-t-il ? Cela fait longtemps que je n’ai pas eu envie d’écrire comme aujourd’hui.

Car l’envie, dans ce cas, n’est pas suffisante ! Reiner Marie Rilke dans « lettres à un jeune poète », répondait clairement à son correspondant, qu’il ne fallait pas écrire, s ‘il n’en sentait pas profondément le besoin. Que se passe-t-il ? Renouerai-je , déjà maintenant, avec cette écriture que j’ai si fermement répudiée. Si tôt , me confronter à nouveau à elle, moi qui ne lui laissait une porte d’entrée, que pour mes vieux jours. Aurai-je vieilli si vite, sans m’en apercevoir ? Aurai-je mûri, moi le boîteux-fou, qui ai volontairement privilégié, l’extase du verbe, à l’immobilité de l’écrit. Ou alors ? Suis-je entrain de me corrompre ? Par vanité, en fixant mes propres pensées imparfaites dans des traces immuables, que désormais n’importe qui pourrait mal interpréter et utiliser selon ses intérêts. Le texte n’échappe pas au paradoxe de l’invention, celui qui veut que : que l’invention ne soit ni bonne, ni mauvaise, mais quelle dépende avant tout de l’usage que l’on en fait ! Que ce soit de l’usage de la bible ou de la théorie atomique. Me dois-je d’écrire ?

Je remercie trois blogueurs qui ont gentiment et sans le savoir provoqué  ce déclic.

Supr3me

Clara croche

Marypistache

Je prépare ma première histoire qui ne devrait pas tarder (à suivre...)

 

Par Cojoloco - Publié dans : Essais en pagaille
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Mercredi 15 mars 2006 3 15 /03 /2006 19:19

Cette bouteille dérive  le long de mes pensées et vient naturellement s’échouer sur les rives de mon cœur. Je ne te demande, donc, pas la permission de la ramasser, je la ramasse tout simplement. Me questionnant sur le message qu’elle contient. Ma curiosité est tout sauf malsaine, je sais qu’à l’autre bout, le lanceur, est  un être humain et respectueusement, je m’attends à tout.

   

Le parchemin que j’y découvre, lavé par les eaux salées, miroite à la lumière du soleil. Je m’aperçois et te découvre, vivant cet écartèlement , qui te désintègre, mais auquel tu fais face, comme  moi , jadis. Ni dieu, ni maître, juste, toi  face au monde,  que dis-je , face à l’ Univers.

Cet Univers si beau d’un côté et monstrueux de l’autre. Cet Univers qui donne envie de vivre tant il contient de richesses, mais qui en même temps nous fait comprendre par son immensité,  à quel point nous sommes petits, microscopiques, juste de la poussière balayée aux grés des vents.

 

Depuis  longtemps la révolte a sonné, mais l’avenir n’en a cure, ce  hurlement poussé dans le néant est bien plus qu’un simple cri de désespoir ou de solitude. C’est un rugissement de rage et de refus d’une condition humaine sans queue, ni tête. Mais, pas seulement, c’est surtout un appel de conviction et de force. Un aboiement qui marque le refus d’être balayé d’un revers de main par un monde qui se fout de tout. Mais la révolte ne suffit pas, tu le sais, c’est autre chose qui t’attend, quelque chose de bien plus fort, qui se réveille en toi, comme un accouchement sans fin, dont les contractions régulières ne cessent, jours après jours, de  te torturer.

Mais de quoi accoucherais-tu donc? Toi, qui n’a même pas d’utérus. Comment pourrais-tu engendrer la vie, toi qui ne peut-être mère ?

Les accouchements se font dans la douleur certes, mais ils sont limités dans le temps, là, il s’agit d’autre chose de, bien plus violent , bien plus pénible, bien plus lent, qui se transforme en toi. Regarde pronfondément , je sais que tu le sens, cet autre qui est là et qui se tapit dans l’ombre, se refusant de sortir à la lumière. Il pointe du doigt ce monde, que tu perçois, rempli de futilités et de médiocrités, il n’est pas venu, ici, pour cela, pour se satisfaire de toute cette suffisance, alors il a décidé de te tenailler, de te bouffer les tripes, de t’éblouir de toute cette vérité sordide et implacable. Tu sais qu’il a raison et certaines fois tu en marre de le protéger en toi. Tu le ferais volontiers taire une fois pour toute, mais une fois mort en toi , qu’en ferais tu ? Rapidemment, il t’empoisonnerait et t’amènerait à ta propre mort. Est-ce ça que tu veux ? Une victoire à la Pyrrhus. Je ne le crois pas, tu fais partie d’une autre famille. Tu as trop d’honneur pour te contenter.

 

Tu le sais bien ton cri est d’un autre genre, rappelle-toi ! Héphaïstos jeté de l’Olympe par sa propre mère, c’est dans son enfer qu’il s’est refait lui-même. Ton cri est autre, parce qu’il est tien, il est Unique comme cet Univers que tu défies. Une fois lancé, il ne se perd pas , il se répercute comme un écho, dont ce texte en est une simple preuve.

 

 

Et qui suis-je  pour te raconter ça, ne te fies pas aux apparences un Boiteux-Fou, a aussi un passé, mais surtout du courage pour affronter et affronter encore.

 

 

 

La métamorphose est longue ! Et c’est dans la chrysalide que le combat est le plus tenace  pour survivre à un environnement hostile. Mais trèves de discussions ! Que choisis-tu ?

La Larve ou le Papillon ?

 

A Supr3me

Par Cojoloco - Publié dans : Essais en pagaille
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